Opérations Tigers Woods;
Introduction:
Le général Von Dick lissa
machinalement sa moustache tout en fixant de son regard intense et
imperturbable la trentaine de soldats assis inconfortablement sur les chaises
en fer pliantes. Ils avaient été convoqué quelques jours plus tôt en provenance
des quatre coins du pays dans le secret
le plus absolu. Une charte de confidentialité à signer puis le premier vol en
direction d'un aéroport privé, où des agents tout de noir vêtu, lunette de
soleil les avait récupérer pour les conduire dans une vieille bâtisse en pierre
abandonnée bien loin de toute zone d'urbanisation. Mais derrière la façade
ruinée, le camp militaire contenait un véritable secret, une véritable
organisation paramilitaire régit directement par le Président en personne.
De la surprise à la stupeur on en
était venu à voir sa nouvelle affectation, même momentanée, comme une véritable
offrande, comme une consécration du dur labeur et du professionnalisme que
chacun d'entre eux avait du prouver au cours de leurs longues années
d'expérience au sein des forces armée de leur pays.
La salle de briefing était
relativement étroite et les commandos étaient serrés les uns contre les autres;
De plus, sans fenêtre et sans climatisation; la chaleur ajoutait une sensation
de mal être, jusqu'à faire transpirer, ruisseler les moindres pores de la peau.
Les visages rouges, fiévreux suivaient donc avec attention la statut
parfaitement immobile du général qui finit par afficher un vaste sourire en
levant un bras, claquant des doigts.
Aussitôt, un déclic, aussitôt, le
mur derrière lui afficha la photo d'un homme au visage buriné, aux cheveux
crépu, aux yeux en amande sournois, une cigarette au bec, avec une fine
moustache. Une cicatrice zébrait sa joue droite jusqu'au menton. Un de ses yeux
était plus fermé que l'autre. La petite variole avait laissé des traces sur le
visage. Une autre photo suivit. Le même homme en uniforme kaki, tenant
nonchalamment un AK-47, la pointant sur un tas de sachets blanchâtres sis sur
une palette et un gros 4X4 noir aux vitres teintées était stationné à côté. En
costard cravate un gringalet se tenait là, attentif à des propos.
"Vous avez pu entendre
parler ces derniers temps de la traque d'un des terroristes les plus recherchés
du pays. C'est le numéro 7 qu'on a réussi à identifier un peu par chance et il
est hors de question de le laisser filer..."Lança Von Dick en faisant
sursauter tout le monde de sa voix de ténor. "Eduardo Sanchez de La Villa est
un sacré renard, et généralement il ne laisse pas de témoin. Ici il est en
pleine conversation avec un minable truand de quartiers chics qui, lui, ne fait
attention à rien. Stevee Lowel était sur nos radars depuis quelques mois à
peine et aime s'afficher en compagnie de bimbos, de cabriolets et des costards
les plus chers...C'est ce qui va perdre notre ami Eduardo..."D'un
claquement de doigt, il fit afficher la photo suivante. "Lorsque nous
l'avons arrêté, Stevee à rapidement lâché le morceau, trouillard comme pas deux,
il a annoncé qu'un convoi de quatre véhicules allait bientôt partir et connait
une partie de l'itinéraire. C'est là que l'on interviendra." Une nouvelle
photo suivit les quatre véhicules, proposant une zone. "L'embuscade aura
lieu là..."
Il se tut, dévisageant tour à
tour chaque soldat, s'imprégnant de leur visage. Il avait lu leur dossier,
connaissait leur état de service.
"Eduardo n'est qu'un maillon
de la chaîne. On va le titiller un peu, histoire de voir ce qu'il a dans le
ventre avant de voir s'il peut nous amener à boss tout puissant d'un cartel
prenant de plus en plus d'ampleur; les Guérilleros de Sang. Personne ne connait
le nom et le visage du Baron de la Drogue, pas plus qu'on ne connait sa
demeure, sauf Eduardo. Mais avant de loger le Baron, on doit retrouver et taper
cet Eduardo. Pour ce faire, vous avez été sélectionnés parmi vos pairs afin de
participer à une traque sauvage et sans merci où tuer est clairement permis.
Chacun des hommes que vous trouverez, lâchez dans la nature comme vous le
serez, est avant tout un assassin et un terroriste...tout le monde à du sang
sur les mains et vous en aurez aussi. Nous devons éviter que la drogue se
propage au sein de nôtre pays ravageant des millions de gens. Hors de question.
Ce cartel doit tomber!
" Je ne vous cacherai pas
qu'une partie d'entre vous serait des réservistes. En cas de coup dur, blessés,
morts, que Dieu m'en préserve, que parmi les autres, certains pourront se
déployer une voir plusieurs fois. Mais dès lors vous allez mettre vos vie plus
que jamais face à la mort. Il est encore temps de renoncer." Mais voyant
qu'aucun homme ni aucune femme car il y en avait aussi, ne bronchait il afficha
un vaste sourire. "Bien. Je m'en doutais. Vous ne serez pas lâché dans la
nature comme ça, vous bénéficierez des meilleures armes, équipements que l'on
possède...
"Mes amis, il est temps de
faire tomber le Cartel des Guérilleros de Sang! De remonter la piste et
d'abattre leur Baron!"
***
Le réveil fut difficile. Sûrement
parce qu'on l'avait réveillée au beau milieu d'un rêve passionnant, tirée de sa
douce torpeur où elle nageait presque, allongée voluptueusement au bord de la
mer, sur le sable fin, fin et chaud, avec l'horizon d'un bleu limpide, eau
comme mer, le tout plat et sans nuage et nue comme au premier jour.
Marmonnant, le sergent Mouse
lorgna vers la porte où l'on avait toqué quelques secondes plus tôt et vit une
enveloppe noire.
La veille le général avait été
clair. Les soldats appelés pour chaque mission recevrait au matin une enveloppe
contenant des instructions et où retrouver les camarades. Quelle heure
était-il? Elle avisa le réveil sur la table de chevet rudimentaire de sa
chambre vétuste, spartiate au lit de camp peu confortable avec lavabo, douche,
table et chaise. Confort plus que rudimentaire mais que pouvait-on demander de
plus dans ces missions secrètes?
4h du matin.
Elle se déplia lentement, alla chercher
celle-ci, la décacheta et lut en plissant les paupières pour mieux y voir dans
l'obscurité à peine troué par quelques lueurs blafardes en provenance de la
lune, pleine, filtrant aux travers les stores baissés.
Ok. Rendez-vous dans 2h. Elle
avait le temps en effet de se doucher, prendre un petit déjeuner au mess qu'un
aide de camp aussi rigide qu'un balai leur avait indiqué, puis de se diriger
vers le mystérieux Entrepôt Un, aisément identifiable par l'énorme UN certes
écaillé mais recouvrant toute une partie de la cloison mouvante. Néanmoins
c'est par une porte latérale qui à sa plus grande stupeur ne grinça pas qu'elle
pénétra dans un local où l'attendait plusieurs personnes, notamment un aide de camp gratte papier qui avait l'air
complètement à la ramasse, mais qui l'attendait de pied ferme, le regard
vitreux, installé derrière un bureau en acajou, tapotant nerveusement des
doigts sur la table.
C'est ainsi qu'elle fit la
connaissance de ses camarades du jour.
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