dimanche 12 juillet 2020

CHAPITRE HUIT: LE BOSS

CHAPITRE HUIT:

 

PARTIE UNE

 

Le dernier soldat venait d'arriver et à peine fut-il installé, que le général Van Dick, l'air sobre mais au regard brillant, les mains derrière le dos, déclarait ;

-Aujourd'hui, je vous ai réuni pour vous annoncer la quasi finalité de notre opération Tigers Woods, dont le but était de localiser, loger et taper l'ennemi numéro 7, dont on ne connaissait pas grand chose jusque-là, si ce n'est quelques uns de ses affidés. Il se trouve qu'au fil des opérations menées avec un remarquable brio et une efficacité hors pair, nous avons atteint ce but et...à notre plus grande surprise nous connaissons enfin l'identité du grand boss...(Il frappa dans ses mains et une photo géante apparut dans son dos). Je vous présente donc... Eduardo Sanchez de La Villa! Et oui, l'homme que nous pensions être qu'un simple rouage dans la puissante chaîne de l'Organisation des Guérilleros de Sang est en fait leur big boss...Il préfère visiblement prendre en main les choses, notez qu'on dit bien qu'on est jamais aussi bien servi que par soi-même et voila donc notre cible.

"A tous ceux ayant participés à cette opération je vous remercie et regrette que ceux n'ayant pu  y contribuer y ait pu leur montrer leurs faits d'armes et leurs motivations, notamment les réservistes. J'ai peut-être était trop gourmand sur la quantité d'opérateurs mais on n'est jamais trop prudent.

"Il ne restera plus à ce jour que l'Opération Homo qui conclura nos actions. Je remercie donc encore une fois touts les participants et un hélicoptère va vous reconduire à l'aéroport le plus proche avec vos billets, tout est pris en charge par le service. Cela concerne les réservistes et les suppléants les autres attendront la dernière mission avant d'être rapatriés!

"Merci d'être venu, bonne journée et à une prochaine...Messieurs, mesdames...

Et ainsi donna t-il congés aux autres soldats.

 

Murmures consternés, embarrassés,  grognements, jurons, les chaises raclèrent le sol tandis que les soldats se levaient.  L'excitation de l'opération venait d'en prendre un coup, le moral était en berne, surtout pour les hommes et femmes n'ayant pu intervenir. Les réservistes encaissaient plus facilement, sachant pertinemment qu'il y aurait qu'une simple chance de participer à l'aventure tandis que les suppléants grognaient secs.

Quoiqu'il en soit, Mortimer se retrouvât subitement proche de Mouse, comme par magie. Elle ne put s'empêcher de sourire en le regardant. En même temps, elle savait ce que cela signifiait et elle jubilait intérieurement.

A elle, donc, l'honneur d'aller abattre le Eduardo en question.

 

L'aide de camp n'avait pas fait les choses à moitié. Le fusil  M24 de sniper était présent, posé à côté d'un M203 et de grenade. Elle arqua un sourcil en voyant les deux armes.


-On ne sait jamais, entama alors Van Dick en entrant. Selon sur quels adversaires vous tomberez, ces deux armes seront efficaces. Le snipping est fortement recommandé mais si vous tombez sur un bataillon, alors...une grenade serait tout aussi efficace...Nous ne savons pas avec exactitude le nombre de gardes que possède Eduardo, sa villa est bien entourée d'arbres qui forment comme un rempart inextricable, d'autant qu'il y a aussi un muret assez haut avec caméras, projeteurs et tout le toutim. Il possède même un système anti-drone pour tout dire...(Il déplia un plan et le posa sur la table). Ici l'on voit une petite colline. C'est là que vous devrez abattre votre proie. La maison comprend une piscine où il aime faire bronzette auprès de diverses tapineuses. Une balle entre les deux yeux, on s'en fout, il doit crever...

-J'accomplirai cette mission avec grand plaisir, déclara Mouse en saluant et claquant les talons.

-Je n'en doute pas, mais soyez prudente!

 

La Ravine:

C'est presque en sifflotant que Mouse sortit par la porte silencieuse, se retrouvant dans les bois, pour arpenter la forêt quasi silencieuse, un tel calme qui était assurément de bon augure. Le ciel était clean, pas un nuage a l'horizon, constata t-elle en avançant tranquillement aux travers les arbres, les rares buissons jusqu'à atteindre la rivière. Avec un rictus sauvage, elle se dirigea vers un gué, traversant celle-ci pour continuer sa progression. Elle devait bien mettre cinq  heures avant d'atteindre la maison d'Eduardo aussi garda t-elle son souffle, ne précipitant pas les choses inutilement.

Elle se disait juste que leur camp était tellement proche de la demeure du boss...Comment cela était-il possible? Tout simplement parce qu'ils avaient sous-estimés Eduardo? Ils n'avaient pas sus lire clairement en son jeu. Pourtant ils étaient parvenus à le cataloguer immédiatement comme membre des Guérilleros de Sang...

Les lois et les stratégies de la Nation étaient toutes aussi impénétrables que celles de Dieu, aucun doute là-dessus et elle accomplirait sa mission.

Néanmoins, au bout de trois bonnes heures de marches et après un petit repos bien mérité, vérifiant ses armes afin qu'elles ne la lâchent pas au dernier moment, la Loi de Murphy étant aussi emmerdante que son nom...elle reprit le chemin en lorgnant de temps à autre son plan jusqu'à tomber sur ...une ravine. Elle s'était demandée ce qu'étaient les trois petites lignes difformes à cet emplacement, elle en avait la réponse.

Claquant la langue contre le palais, haineuse, elle regarda à droite puis àà gauche et crut distinguer des ombres plus loin, silhouettes mouvantes tranquillement.

Des sentinelles? ici?

Certes elle avait avancé d'une démarche souple et leste tout en restant vigilante, pourtant, cela la surprenait d'en voir ici et  elle dénombra trois individus.

Qu'importe, il fallait agir. Cela signifiait qu'elle allait bientôt pouvoir se mettre en position et abattre sa proie. Il était bientôt midi et le type devait se trouver dans sa petite piscine privé, en maillot de bain avec des mannequins ineptes, gloussant de plaisir. De vraies dindons...

Pas le temps de s'appesantir dessus, elle leva son fusil et ouvrit le feu. Les balles claquèrent silencieusement mais ne trouvèrent aucune siffle, frôlant seulement les types qui se mirent aussitôt à l'abri, seulement, avant qu'ils ne puissent riposter, Mouse se positionna un peu mieux et abattit le premier d'une balle entre les yeux. Le suivant jeta un bref regard pour tenter de l'apercevoir et la balle lui décalotta le crâne. Le dernier voulut s'enfuir, terrifié mais Mouse le cueillit  droit dans la nuque l'envoyant mordre un buisson épineux.

Elle vérifia son fusil, monta la légère pente, son coeur battant la chamade tant impatiente elle était.

Oui, bientôt elle aurait abattu une Proie dangereuse pour sa Nation. Quand bien même il n'était que le number 7, c'était un dangereux lascar.

 

 

 

 

 

Eduardo:

Arrivée au sommet de la petite colline, elle s'essuya le front, en sueur. Aussi difficile que cela cette montée? Non mais le soleil tapait fortement. Elle aurait sûrement un joli coup de soleil. Tant pis, elle s'allongea donc après avoir jetée un bref regard en contrebas et au-delà de la pelouse magnifiquement verdoyante, de la haute demeure style colombienne bien blanche elle aperçut la piscine presque aussi grande qu'une stade de foot où une myriade de jolie donzelle faisaient rincettes, gloussant bel et bien dans les bras de types virilement musclés.

Mais il y avait aussi des sentinelles. 

Costard noir, chemise blanche, oreillette, lunettes de soleil, boss dans la veste ou bien fusil mitrailleur en bandoulière, ils étaient de partout.

Quels étaient les dangers immédiats? Ceux qui la repéreraient le plus aisément.

Après tout elle pouvait abattre sa cible mais rien ne prouverait que les sentinelles ne l'aperçoivent pas et elle ne voulait pas mourir d'une balle dans le dos stupidement par simple négligence...

Mais les lois de Murphy sont vraiment pourries.

Alors qu'elle fixait un sniper au sommet de la maison, un camion fit son apparition et aussitôt le Boss se leva des mains de deux gonzesses botoxées et trafiquées pour s'approcher l'air des plus ravis.

Merde, merde, merde...Que faire. Déjà, trois types entouraient Eduardo le dissimulant presque.

Pas le choix. Elle ouvrit le feu, abattant aussitôt le sniper du toit puis visa un des gardes, le fauchant, le troisième alla se planquer entraînant son boss avec lui. Elle continua ses tirs mais trop tard, ce fut le camion qui reçut la mitraille.

Visiblement elle avait été repérée  car un garde s'approchait levant déjà le fusil tandis que les filles hurlaient de leur voix stridente, courant dans tous les sens, manquant se cogner parfois tomber dans la piscine au lieu de se planquer dans la demeure.

Bien, le dangereux guérillero était non seulement à portée mais également isolé et sa balle lui fracassa le visage l'envoyant bouler dans la piscine sous le cri d'une hystérique brassant nerveusement l'eau.

Plus loin, le second garde qui avait protégé son boss se redressât, abrité en partie par le camion mais Mouse l'avait déjà dans son réticule et sa balle lui traversa l'oeil tandis que le Boss, ayant récupéré un pistolet surgissait brusquement et courait...droit vers la maison.

Rapidement, le sergent-chef le roussi froidement, l'envoyant tanguer au milieu des poulettes façon boule de billard.

Elle n'attendit pas que le mec bascule définitivement au sol, non, elle savait qu'il était mort, une partie de sa cervelle se répandant déjà sur le carrelage en marbre. Elle vérifia que tout allait bien pour elle, que personne d'autre ne l'avait vue, puis recula



Une fois en bas de la ravine, elle porta son fusil sur l'épaule et afficha un grand sourire.

 

PARTIE DEUX:

Elle n'avait marché depuis plus d'une heure qu'elle aperçut de ombres jaillirent des bois, pointant son fusil vers elle, mais rapidement les baissant. Surprise, encore estomaquée, elle savait qu'elle fut à deux doigts d'y perdre la vie mais reconnut toutefois Covert et Saorrono.

-Merde, qu'est-ce que vous foutez-là! Lâcha t-elle encore sous le coup de l'émotion.

Après s'être dévisagé, Covert désigna Saorrono.

-Vas-y.

Saorrono soupira

-Le chef à une dernière mission pour nous, il nous a envoyé détruire un convoi de drogue, le dernier, sensé justement partir d'un entrepôt d'Eduardo à quelques centaines de mètres d'ici...

-J'ai vu un camion oui...

-C'était sûrement le camion de tête. Celui qui assurait que c'était de la bonne qui sortait...Lâcha Covert.

-Mais Eduardo est mort maintenant...

-Félicitations, mais ça n'empêche pas que le convoi est en route. Deux véhicules qui'l va falloir stopper. Ce sera le dernier geste...Je suppose qu'ensuite les narcotrafiquants apprendront la mort de leur boss et arrêteront...pour un temps, le temps d'en choisir un autre quoi...

-Après s'être entredévorés, assurément, railla Covert.

-Bon et on les intercepte où?

-Par ici! Répondit Covert. Il faut agir très vite!

-Surtout que ce n'est pas vraiment la porte d'à côté...Marmonna Saorrono.

 

 


Le Courant:

Que dirais-tu de traverser monter la rivière, dans le courant pour gagner environ trois à quatre cent mètres...Sourit ironiquement Covert en s'y enfonçant quasiment jusqu'au cou.

Saorrono gloussa tandis que le sergent-chef faisait la gueule mais imitait ses deux compagnons.

Ils remontèrent donc la piste pendant bien cinq minutes avant qu'ils n'aperçoivent une sorte de petit gué où des  guérilleros fumant des joints et buvant de la bière discutaient de vive voix.

Mais Mouse repéra également un Sniper dans les fourrés. Heureusement, il regardait de l'autre côté. De plus, une équipe de lance-roquette était présent vérifiant consciencieusement leur arme lourde.

En attendant il y avait un autre problème, majeur celui-là. C'est que pour atteindre le sniper il fallait d'abord se débarrasser d'une sentinelle urinant en sifflotant à deux trois pas de là, juste à ses côtés sans que cela ne semble gêner le tireur d'élite.

Mouse distribua ses ordres et ouvrit le feu. Le pisseur fut brutalement projeté contre le tronc d'arbre, mais avant même qu'il ne s'affale au sol, elle avait ouvert le feu sur le sniper qui, ayant sursauté s'était retourné dévoilant un visage couvert de suie et de gros yeux (dans le viseur en tout cas). Un gros impact entre les yeux et la tête retomba dans les fourrés.

Se décalant un peu, longeant la berge, Saorrono ouvrit le feu abattant un des hommes qui venait de se retourner puis logea une balle dans la tempe d'un des deux membres du lance-roquette. Dans son élan mortel, l'homme bascula sur son camarade mettant l'arme hors jeu pour l'instant, aussi la courte rafale suivante se perdit dans les bois.

De son côté, Covert avait longé l'autre berge et avait noté qu'il n'y avait pas UNE équipe de lance roquette, mais deux. Et justement les deux guérilleros à moitié ivres se précipitaient dessus, maladroitement. De deux brèves rafales, Covert mit fin à leur misérable existence.

Mouse pivota alors pour abattre le bandit qui rampait vers le lance-roquette. Le dernier survivant reçut une balle dans le front pour ne bouger jamais plus!

 

Le Village:

Néanmoins, alors qu'ils mettaient pieds sur la rive, ils notèrent l'apparition d'un sentier qui partait justement dans la bonne direction. Régulier, celui-ci les conduisit droit à un village.

-Si je m'attendais à ça! Un village! Ici! Lança Mouse.

-En fait c'est un pseudo village de guérilleros, répondit Saorrono.

Ils s'étaient dissimulés et notaient la présence d'une dizaine de huttes et de cabanons rugueux, rustiques faits dans des troncs et des branches, avec quelques tentes vétustes, sales, et une citerne pour recueillir l'eau de pluie. Il y avait aussi tout un arsenal pour pêcher, notamment des filets séchant. Chaises et tables en bois.

-Ça a l'air vide...commença Covert en s'apprêtant à avancer.

-Détrompe-toi, regarde là-bas! Fit Mouse en déisgnant un recoin sur lequel était visible le capot d'un véhicule.

Ils en approchèrent en silence, virent qu'il avait été bâché pour ne pas être vu du ciel et notèrent aussi la présence d'une sentinelle en treilli qui fumait un énorme joint. Visiblement il n'avait pas entendu les coups de feu.

-Je me charge du véhicule, lança Mouse.

Mais soudain, un craquement sourd retentit.

Une branche s'écrasa à quelques mètres d'eux et la sentinelle, après un superbe sursaut, pivota vers eux. Aussitôt, Saorrono ouvrit le feu obligeant l'homme à se planquer tandis que les balles martelaient le sol où il se tenait quelques secondes plus tôt. Pestant, il avait un peu trébuché avant de tirer, il se vengea sur le capot du véhicule ruinant le moteur.

Mais le claquement sourd des balles et les rafales avaient réveillé trois soldats qui émergèrent des huttes s'interpellant. 

Covert enfonça le clou en faisant sauter la Jeep. Des flammes mugirent. Inutile désormais.

Mouse avait vu un guérillero tenter de les prendre à revers et ses balles le renvoyèrent d'où il venait. Elle jeta ensuite une grenade vers deux autres gaillards mais celle-ci s'enfonça dans une flaque de boue et son explosion terriblement diminuée n'envoya tanguer contre un arbre qu'un seul énergumène. Bientôt, il n'en restât plus qu'un, tenace.

-Continuez je m'en charge! Lâcha-t-elle.


La Ravine:

Tandis que  Mouse retenait le dernier soldat qui visiblement tenait absolument à sa vie en échange de coup de feu aussi inutile que vain, dans une guerre de position stressante pour les deux, Covert et Saorrono traversaient le camp, non sans vigilance, fouillant promptement les habitats puis pénétrèrent de nouveau les bois.

-On va arriver bientôt à destination! Sourit Saorrono.

Sourire qui disparu.

-Derrière cette ravine...

Covert pesta.

-Aux abris!

Saorrono plonega au moment où Covert ouvrit le feu. Trois brèves rafales qui projetèrent au sol trois hommes. Une patrouille revenait en effet au campement en courant et ils ne virent nullement les deux combattants. A leur péril.  Saorrono tournera son arme en direction d'un quatrième brigand qui semblait hésiter sur la conduite à tenir, pâle comme la mort. Une balle régla la solution.

Mais il en restait un. En retrait. Petit gros tout essoufflé qui avait vu ses compères s'écrouler les uns après les autres qui eut le temps de s'abriter, de tirer mais sans précision.  Surgit soudain deux autres hommes qui se tournèrent vers leur camarade. Aussitôt ce dernier sembla donner des ordres et ils comprirent que le petit gros était l'officier. Mais c'était trop tard pour lui.

Saorrono avait profité de la confusion pour abattre le type. La graisse déborda avec des flots pourpres. tandis que Mouse faisait son apparition auprès d'un Covert rigolard en voyant Saorrono continuer sur sa lancée en fauchant les deux abrutis restés à découvert.

Quand le silence retomba, lourd et plombant sous l'odeur de la poudre et de la mort, Covert se tourna vers son supérieur;

-Je suppose que l'autre est mort.

Elle approuva, son regard dédaigneux s'étant posé sur la ravine. Elle grimaça.

-Fait chier putain!

Les deux hommes opinèrent, vérifiant leurs armes avant de s'y enfoncer.

 

Dans la Jungle

-C'est moi ou c'est de pire en pire, lâcha Covert?

-On est sur la bonne voie, mec, on arrive bientôt, encore quelques buissons ardents, quelques gros arbres touffus et on atteindra sûrement l'orée puis notre objectif...Répliqua Saorrono qui avait pris la tête.

Car la Ravine s'enfonçait sans cesse sans fin avant de remonter légèrement. Leurs bottes roulaient sur la rocaille, des branches craquaient sinistrement, des oiseaux se moquaient d'eux, et bientôt ils durent affronter des branches prétentieuses qui faisaient tout pour éviter que ces maudits humains ne passent, ne forcent leur environnement mais bientôt ils furent surpris de voir des morceaux de tuniques accrochées aux branches, des empreintes de bottes dans la terre, des racines et des herbes écrasées.

-On se calme, on ralentit, ordonna Mouse sèchement, en agitant son fusil.

Encore quelques pas et ils rattrapèrent une colonne de guérilléros qui avançaient silencieusement. Trois, quatre, cinq...Huit!

Les trois compagnons avaient l'avantage de la surprise. Une véritable embuscade digne de ce nom et Mouse arma son lance-grenade.

Le M203 cracha sa grenade qui fusa accompagnée bientôt par une grenade jetée à la main, le tout détonant au beau milieu des huit ennemis les projetant tout azimut, bras, mains, doigts, jambes, les corps disloqués dansèrent, tanguèrent. A peine purent-ils hurler devant cette mort, cette faucheuse qui coûta la vie de six d'entre eux, les deux derniers, blessés, titubant en grimaçant sans rien comprendre reçurent droit à une balle chacun tirée pour l'un par Saorrono l'autre par Covert.

Et puis soudain, alors qu'ils reprenaient leur route en souriant, la forêt sembla plus ouverte, plus espacée.

 

 

 

 

Orée des bois:

La mauvaise surprise venait avant tout des cinq guérilleros qui en fait les attendait. Quand la détonation avait retentit, ils s'étaient mis en alerte et en position et si ce n'était l'expérience des trois combattants, peut-être seraient-ils morts. Ça et le fait de savoir si des camarades à eux étaient vivants ou pas, ne pas tirer au juger...

Deux hommes étaient en avant, sûrement des guetteurs et sans pitié Mouse les aligna et les abattit sans sommation. Le second, voyant son camarade basculer brusquement en arrière tentât bien de se mettre à l'abri mais à part plonger...Indécision fatale qui le fit rejoindre son camarade.

Covert joua alors au cowboy. Instant de pure sauvagerie gratuite et inutile, surtout très périlleuse, et fonçant dans le tas, lâcha trois courtes rafales sur les trois aurtes, complètement destabilisés par tant de vaillance, de bravoure ou de stupidité. Mais le commando avait bien calculé son coup. Chaque tir, chaque mouvement avait été soigneusement calculé et la preuve fut les trois cadavres sanguinolents.

Mouse allait l'engueuler mais un bruit de moteur l'en empêcha.

-Merde juste à temps, vite! Aboya t-elle en courant vers la petite route sise non loin de là.

 

 

 

 

Le Convoi:

-Comment on va faire pour les intercepter ils ont l'air de rouler très vite! S'exclama Mouse qui venait de prendre en compte toute la difficulté de la situation.

-Ah...j'ai omis de te dire un truc! Mais Saorrono se détourna prenant son GMS pour lancer quelques mots brefs. Il se tourna ensuite vers elle puis vers Covert. Aux abris, vite! Fermez les yeux et bouchez vous les oreilles!

Et de se planquer sur les bords tandis qu'un sifflement aigu retentissait et qu'une déflagration sourde retentissait. Le souffle chaud frôla leur crâne, manquant les carboniser. Des cliquetis retentirent alors de toute part et Mouse ouvrit les yeux sur le carnage. Le camion de tête venait tout simplement d'exploser et il ne restait plus rien.

-Mortier powaa! Sourit Saorrono devant l'air interrogateur de la sergent.

Mais l'autre conducteur de camion, qui avait brutalement freiné, se remit de son choc, enclenchant la seconde  pour avancer, sachant que rester là serait probablement aussi dangereux. Et en sueur, il roula sur les débris encore fumants.

-Il va nous échapper, rugit Mouse en ouvrant le feu, ses balles percutant ricochant sur l'habitacle sans paraître trouver de faille, et n'ayant pas le temps de viser la vitre passager. Heureusement, plus chanceux, à sa droite, Saorrono, à moitié sur la route, ouvrit le feu et cette fois, la vitre avant explosa. Le camion fit une embardée  et de l'arrière sauta un guérilléro qui s'écrasa au sol, voulut se relever mais Covert l'y cloua.

En attendant le camion percuta une série d'arbre et s'immobilisa, tout fumant. Une grenade suffit alors pour le pulvériser.


Puis, Mouse, les mains sur les hanches toisa les deux hommes:

-On m'explique? La folie passagère de Covert...pas très professionnel ça...et le Mortier?

-On n'a pas vraiment eu le temps de te prévenir, pour le mortier, je veux dire, marmonna Covert. En fait, le plan a tellement été dans la précipitation qu'on a eu tout juste les consignes strictement nécessaires. Notamment l'appui d'un mortier. Suffisait juste de donner sa position et hop...

-Et ta folie?

Il sourit en coin, haussa les épaules.

-Je savais ce que je faisais. Je me doutais qu'il n'y avait plus personne et j'avais tout calculé.

-La mort peut surgir de n'importe où, Covert...Plus jamais ça, avec moi en tout cas.

Il salua, claquant des talons:

-A vos ordres m'dame!

 

Suite à quoi alors que le groupe rejoignait leur base, le général Van Dick accompagné de Mortimer les accueillit avec sa bonhommie traditionnelle pour les féliciter, les remercier. Un hélicoptère venait de décoller avec les derniers membres du commando.

-Prenez du repos, demain, Chris vous ramène chez vous! Lâcha enfin le général après avoir entendu le récit de Mouse qui omit les actes de bravoures inconsidérés de Covert.

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