CHAPITRE HUIT:
PARTIE UNE
Le dernier soldat venait
d'arriver et à peine fut-il installé, que le général Van Dick, l'air sobre mais
au regard brillant, les mains derrière le dos, déclarait ;
-Aujourd'hui, je vous ai réuni
pour vous annoncer la quasi finalité de notre opération Tigers Woods, dont le
but était de localiser, loger et taper l'ennemi numéro 7, dont on ne
connaissait pas grand chose jusque-là, si ce n'est quelques uns de ses affidés.
Il se trouve qu'au fil des opérations menées avec un remarquable brio et une
efficacité hors pair, nous avons atteint ce but et...à notre plus grande
surprise nous connaissons enfin l'identité du grand boss...(Il frappa dans ses
mains et une photo géante apparut dans son dos). Je vous présente donc... Eduardo
Sanchez de La Villa! Et oui, l'homme que nous pensions être qu'un simple rouage
dans la puissante chaîne de l'Organisation des Guérilleros de Sang est en fait
leur big boss...Il préfère visiblement prendre en main les choses, notez qu'on
dit bien qu'on est jamais aussi bien servi que par soi-même et voila donc notre
cible.
"A tous ceux ayant
participés à cette opération je vous remercie et regrette que ceux n'ayant
pu y contribuer y ait pu leur montrer
leurs faits d'armes et leurs motivations, notamment les réservistes. J'ai peut-être
était trop gourmand sur la quantité d'opérateurs mais on n'est jamais trop
prudent.
"Il ne restera plus à ce
jour que l'Opération Homo qui conclura nos actions. Je remercie donc encore une
fois touts les participants et un hélicoptère va vous reconduire à l'aéroport
le plus proche avec vos billets, tout est pris en charge par le service. Cela
concerne les réservistes et les suppléants les autres attendront la dernière
mission avant d'être rapatriés!
"Merci d'être venu, bonne
journée et à une prochaine...Messieurs, mesdames...
Et ainsi donna t-il congés aux
autres soldats.
Murmures consternés,
embarrassés, grognements, jurons, les
chaises raclèrent le sol tandis que les soldats se levaient. L'excitation de l'opération venait d'en
prendre un coup, le moral était en berne, surtout pour les hommes et femmes
n'ayant pu intervenir. Les réservistes encaissaient plus facilement, sachant
pertinemment qu'il y aurait qu'une simple chance de participer à l'aventure
tandis que les suppléants grognaient secs.
Quoiqu'il en soit, Mortimer se retrouvât
subitement proche de Mouse, comme par magie. Elle ne put s'empêcher de sourire
en le regardant. En même temps, elle savait ce que cela signifiait et elle
jubilait intérieurement.
A elle, donc, l'honneur d'aller
abattre le Eduardo en question.

L'aide de camp n'avait pas fait
les choses à moitié. Le fusil M24 de
sniper était présent, posé à côté d'un M203 et de grenade. Elle arqua un
sourcil en voyant les deux armes.

-On ne sait jamais, entama alors
Van Dick en entrant. Selon sur quels adversaires vous tomberez, ces deux armes
seront efficaces. Le snipping est fortement recommandé mais si vous tombez sur
un bataillon, alors...une grenade serait tout aussi efficace...Nous ne savons
pas avec exactitude le nombre de gardes que possède Eduardo, sa villa est bien
entourée d'arbres qui forment comme un rempart inextricable, d'autant qu'il y a
aussi un muret assez haut avec caméras, projeteurs et tout le toutim. Il
possède même un système anti-drone pour tout dire...(Il déplia un plan et le
posa sur la table). Ici l'on voit une petite colline. C'est là que vous devrez
abattre votre proie. La maison comprend une piscine où il aime faire bronzette
auprès de diverses tapineuses. Une balle entre les deux yeux, on s'en fout, il
doit crever...
-J'accomplirai cette mission avec
grand plaisir, déclara Mouse en saluant et claquant les talons.
-Je n'en doute pas, mais soyez
prudente!

La Ravine:
C'est presque en sifflotant que
Mouse sortit par la porte silencieuse, se retrouvant dans les bois, pour
arpenter la forêt quasi silencieuse, un tel calme qui était assurément de bon
augure. Le ciel était clean, pas un nuage a l'horizon, constata t-elle en
avançant tranquillement aux travers les arbres, les rares buissons jusqu'à
atteindre la rivière. Avec un rictus sauvage, elle se dirigea vers un gué,
traversant celle-ci pour continuer sa progression. Elle devait bien mettre
cinq heures avant d'atteindre la maison
d'Eduardo aussi garda t-elle son souffle, ne précipitant pas les choses
inutilement.
Elle se disait juste que leur
camp était tellement proche de la demeure du boss...Comment cela était-il
possible? Tout simplement parce qu'ils avaient sous-estimés Eduardo? Ils
n'avaient pas sus lire clairement en son jeu. Pourtant ils étaient parvenus à
le cataloguer immédiatement comme membre des Guérilleros de Sang...
Les lois et les stratégies de la
Nation étaient toutes aussi impénétrables que celles de Dieu, aucun doute
là-dessus et elle accomplirait sa mission.
Néanmoins, au bout de trois
bonnes heures de marches et après un petit repos bien mérité, vérifiant ses
armes afin qu'elles ne la lâchent pas au dernier moment, la Loi de Murphy étant
aussi emmerdante que son nom...elle reprit le chemin en lorgnant de temps à
autre son plan jusqu'à tomber sur ...une ravine. Elle s'était demandée ce
qu'étaient les trois petites lignes difformes à cet emplacement, elle en avait
la réponse.
Claquant la langue contre le
palais, haineuse, elle regarda à droite puis àà gauche et crut distinguer des
ombres plus loin, silhouettes mouvantes tranquillement.
Des sentinelles? ici?
Certes elle avait avancé d'une
démarche souple et leste tout en restant vigilante, pourtant, cela la
surprenait d'en voir ici et elle
dénombra trois individus.
Qu'importe, il fallait agir. Cela
signifiait qu'elle allait bientôt pouvoir se mettre en position et abattre sa
proie. Il était bientôt midi et le type devait se trouver dans sa petite
piscine privé, en maillot de bain avec des mannequins ineptes, gloussant de
plaisir. De vraies dindons...
Pas le temps de s'appesantir
dessus, elle leva son fusil et ouvrit le feu. Les balles claquèrent
silencieusement mais ne trouvèrent aucune siffle, frôlant seulement les types
qui se mirent aussitôt à l'abri, seulement, avant qu'ils ne puissent riposter,
Mouse se positionna un peu mieux et abattit le premier d'une balle entre les
yeux. Le suivant jeta un bref regard pour tenter de l'apercevoir et la balle
lui décalotta le crâne. Le dernier voulut s'enfuir, terrifié mais Mouse le
cueillit droit dans la nuque l'envoyant
mordre un buisson épineux.
Elle vérifia son fusil, monta la
légère pente, son coeur battant la chamade tant impatiente elle était.
Oui, bientôt elle aurait abattu
une Proie dangereuse pour sa Nation. Quand bien même il n'était que le number
7, c'était un dangereux lascar.

Eduardo:
Arrivée au sommet de la petite
colline, elle s'essuya le front, en sueur. Aussi difficile que cela cette
montée? Non mais le soleil tapait fortement. Elle aurait sûrement un joli coup
de soleil. Tant pis, elle s'allongea donc après avoir jetée un bref regard en
contrebas et au-delà de la pelouse magnifiquement verdoyante, de la haute
demeure style colombienne bien blanche elle aperçut la piscine presque aussi
grande qu'une stade de foot où une myriade de jolie donzelle faisaient rincettes,
gloussant bel et bien dans les bras de types virilement musclés.
Mais il y avait aussi des
sentinelles.
Costard noir, chemise blanche,
oreillette, lunettes de soleil, boss dans la veste ou bien fusil mitrailleur en
bandoulière, ils étaient de partout.
Quels étaient les dangers
immédiats? Ceux qui la repéreraient le plus aisément.
Après tout elle pouvait abattre
sa cible mais rien ne prouverait que les sentinelles ne l'aperçoivent pas et
elle ne voulait pas mourir d'une balle dans le dos stupidement par simple
négligence...
Mais les lois de Murphy sont
vraiment pourries.
Alors qu'elle fixait un sniper au
sommet de la maison, un camion fit son apparition et aussitôt le Boss se leva
des mains de deux gonzesses botoxées et trafiquées pour s'approcher l'air des
plus ravis.
Merde, merde, merde...Que faire.
Déjà, trois types entouraient Eduardo le dissimulant presque.
Pas le choix. Elle ouvrit le feu,
abattant aussitôt le sniper du toit puis visa un des gardes, le fauchant, le
troisième alla se planquer entraînant son boss avec lui. Elle continua ses tirs
mais trop tard, ce fut le camion qui reçut la mitraille.
Visiblement elle avait été
repérée car un garde s'approchait levant
déjà le fusil tandis que les filles hurlaient de leur voix stridente, courant
dans tous les sens, manquant se cogner parfois tomber dans la piscine au lieu
de se planquer dans la demeure.
Bien, le dangereux guérillero
était non seulement à portée mais également isolé et sa balle lui fracassa le
visage l'envoyant bouler dans la piscine sous le cri d'une hystérique brassant
nerveusement l'eau.
Plus loin, le second garde qui
avait protégé son boss se redressât, abrité en partie par le camion mais Mouse
l'avait déjà dans son réticule et sa balle lui traversa l'oeil tandis que le Boss,
ayant récupéré un pistolet surgissait brusquement et courait...droit vers la
maison.
Rapidement, le sergent-chef le
roussi froidement, l'envoyant tanguer au milieu des poulettes façon boule de
billard.
Elle n'attendit pas que le mec
bascule définitivement au sol, non, elle savait qu'il était mort, une partie de
sa cervelle se répandant déjà sur le carrelage en marbre. Elle vérifia que tout
allait bien pour elle, que personne d'autre ne l'avait vue, puis recula

Une fois en bas de la ravine,
elle porta son fusil sur l'épaule et afficha un grand sourire.
PARTIE DEUX:
Elle n'avait marché depuis plus
d'une heure qu'elle aperçut de ombres jaillirent des bois, pointant son fusil
vers elle, mais rapidement les baissant. Surprise, encore estomaquée, elle savait
qu'elle fut à deux doigts d'y perdre la vie mais reconnut toutefois Covert et
Saorrono.
-Merde, qu'est-ce que vous
foutez-là! Lâcha t-elle encore sous le coup de l'émotion.
Après s'être dévisagé, Covert
désigna Saorrono.
-Vas-y.
Saorrono soupira
-Le chef à une dernière mission
pour nous, il nous a envoyé détruire un convoi de drogue, le dernier, sensé
justement partir d'un entrepôt d'Eduardo à quelques centaines de mètres
d'ici...
-J'ai vu un camion oui...
-C'était sûrement le camion de
tête. Celui qui assurait que c'était de la bonne qui sortait...Lâcha Covert.
-Mais Eduardo est mort
maintenant...
-Félicitations, mais ça n'empêche
pas que le convoi est en route. Deux véhicules qui'l va falloir stopper. Ce
sera le dernier geste...Je suppose qu'ensuite les narcotrafiquants apprendront
la mort de leur boss et arrêteront...pour un temps, le temps d'en choisir un
autre quoi...
-Après s'être entredévorés,
assurément, railla Covert.
-Bon et on les intercepte où?
-Par ici! Répondit Covert. Il
faut agir très vite!
-Surtout que ce n'est pas
vraiment la porte d'à côté...Marmonna Saorrono.




Le Courant:
Que dirais-tu de traverser monter
la rivière, dans le courant pour gagner environ trois à quatre cent
mètres...Sourit ironiquement Covert en s'y enfonçant quasiment jusqu'au cou.
Saorrono gloussa tandis que le
sergent-chef faisait la gueule mais imitait ses deux compagnons.
Ils remontèrent donc la piste
pendant bien cinq minutes avant qu'ils n'aperçoivent une sorte de petit gué où
des guérilleros fumant des joints et
buvant de la bière discutaient de vive voix.
Mais Mouse repéra également un
Sniper dans les fourrés. Heureusement, il regardait de l'autre côté. De plus,
une équipe de lance-roquette était présent vérifiant consciencieusement leur
arme lourde.
En attendant il y avait un autre
problème, majeur celui-là. C'est que pour atteindre le sniper il fallait
d'abord se débarrasser d'une sentinelle urinant en sifflotant à deux trois pas
de là, juste à ses côtés sans que cela ne semble gêner le tireur d'élite.
Mouse distribua ses ordres et
ouvrit le feu. Le pisseur fut brutalement projeté contre le tronc d'arbre, mais
avant même qu'il ne s'affale au sol, elle avait ouvert le feu sur le sniper
qui, ayant sursauté s'était retourné dévoilant un visage couvert de suie et de
gros yeux (dans le viseur en tout cas). Un gros impact entre les yeux et la
tête retomba dans les fourrés.
Se décalant un peu, longeant la
berge, Saorrono ouvrit le feu abattant un des hommes qui venait de se retourner
puis logea une balle dans la tempe d'un des deux membres du lance-roquette.
Dans son élan mortel, l'homme bascula sur son camarade mettant l'arme hors jeu
pour l'instant, aussi la courte rafale suivante se perdit dans les bois.
De son côté, Covert avait longé
l'autre berge et avait noté qu'il n'y avait pas UNE équipe de lance roquette,
mais deux. Et justement les deux guérilleros à moitié ivres se précipitaient
dessus, maladroitement. De deux brèves rafales, Covert mit fin à leur misérable
existence.
Mouse pivota alors pour abattre
le bandit qui rampait vers le lance-roquette. Le dernier survivant reçut une
balle dans le front pour ne bouger jamais plus!

Le Village:
Néanmoins, alors qu'ils mettaient
pieds sur la rive, ils notèrent l'apparition d'un sentier qui partait justement
dans la bonne direction. Régulier, celui-ci les conduisit droit à un village.
-Si je m'attendais à ça! Un
village! Ici! Lança Mouse.
-En fait c'est un pseudo village
de guérilleros, répondit Saorrono.
Ils s'étaient dissimulés et
notaient la présence d'une dizaine de huttes et de cabanons rugueux, rustiques
faits dans des troncs et des branches, avec quelques tentes vétustes, sales, et
une citerne pour recueillir l'eau de pluie. Il y avait aussi tout un arsenal
pour pêcher, notamment des filets séchant. Chaises et tables en bois.
-Ça a l'air vide...commença
Covert en s'apprêtant à avancer.
-Détrompe-toi, regarde là-bas!
Fit Mouse en déisgnant un recoin sur lequel était visible le capot d'un
véhicule.
Ils en approchèrent en silence,
virent qu'il avait été bâché pour ne pas être vu du ciel et notèrent aussi la
présence d'une sentinelle en treilli qui fumait un énorme joint. Visiblement il
n'avait pas entendu les coups de feu.
-Je me charge du véhicule, lança
Mouse.
Mais soudain, un craquement sourd
retentit.
Une branche s'écrasa à quelques
mètres d'eux et la sentinelle, après un superbe sursaut, pivota vers eux.
Aussitôt, Saorrono ouvrit le feu obligeant l'homme à se planquer tandis que les
balles martelaient le sol où il se tenait quelques secondes plus tôt. Pestant,
il avait un peu trébuché avant de tirer, il se vengea sur le capot du véhicule
ruinant le moteur.
Mais le claquement sourd des
balles et les rafales avaient réveillé trois soldats qui émergèrent des huttes
s'interpellant.
Covert enfonça le clou en faisant
sauter la Jeep. Des flammes mugirent. Inutile désormais.
Mouse avait vu un guérillero
tenter de les prendre à revers et ses balles le renvoyèrent d'où il venait.
Elle jeta ensuite une grenade vers deux autres gaillards mais celle-ci
s'enfonça dans une flaque de boue et son explosion terriblement diminuée
n'envoya tanguer contre un arbre qu'un seul énergumène. Bientôt, il n'en restât
plus qu'un, tenace.
-Continuez je m'en charge!
Lâcha-t-elle.


La Ravine:
Tandis que Mouse retenait le dernier soldat qui
visiblement tenait absolument à sa vie en échange de coup de feu aussi inutile que
vain, dans une guerre de position stressante pour les deux, Covert et Saorrono
traversaient le camp, non sans vigilance, fouillant promptement les habitats
puis pénétrèrent de nouveau les bois.
-On va arriver bientôt à
destination! Sourit Saorrono.
Sourire qui disparu.
-Derrière cette ravine...
Covert pesta.
-Aux abris!
Saorrono plonega au moment où
Covert ouvrit le feu. Trois brèves rafales qui projetèrent au sol trois hommes.
Une patrouille revenait en effet au campement en courant et ils ne virent
nullement les deux combattants. A leur péril.
Saorrono tournera son arme en direction d'un quatrième brigand qui
semblait hésiter sur la conduite à tenir, pâle comme la mort. Une balle régla
la solution.
Mais il en restait un. En
retrait. Petit gros tout essoufflé qui avait vu ses compères s'écrouler les uns
après les autres qui eut le temps de s'abriter, de tirer mais sans précision. Surgit soudain deux autres hommes qui se
tournèrent vers leur camarade. Aussitôt ce dernier sembla donner des ordres et
ils comprirent que le petit gros était l'officier. Mais c'était trop tard pour
lui.
Saorrono avait profité de la
confusion pour abattre le type. La graisse déborda avec des flots pourpres.
tandis que Mouse faisait son apparition auprès d'un Covert rigolard en voyant
Saorrono continuer sur sa lancée en fauchant les deux abrutis restés à
découvert.
Quand le silence retomba, lourd
et plombant sous l'odeur de la poudre et de la mort, Covert se tourna vers son
supérieur;
-Je suppose que l'autre est mort.
Elle approuva, son regard
dédaigneux s'étant posé sur la ravine. Elle grimaça.
-Fait chier putain!
Les deux hommes opinèrent,
vérifiant leurs armes avant de s'y enfoncer.

Dans la Jungle
-C'est moi ou c'est de pire en
pire, lâcha Covert?
-On est sur la bonne voie, mec,
on arrive bientôt, encore quelques buissons ardents, quelques gros arbres
touffus et on atteindra sûrement l'orée puis notre objectif...Répliqua Saorrono
qui avait pris la tête.
Car la Ravine s'enfonçait sans
cesse sans fin avant de remonter légèrement. Leurs bottes roulaient sur la
rocaille, des branches craquaient sinistrement, des oiseaux se moquaient d'eux,
et bientôt ils durent affronter des branches prétentieuses qui faisaient tout
pour éviter que ces maudits humains ne passent, ne forcent leur environnement
mais bientôt ils furent surpris de voir des morceaux de tuniques accrochées aux
branches, des empreintes de bottes dans la terre, des racines et des herbes
écrasées.
-On se calme, on ralentit,
ordonna Mouse sèchement, en agitant son fusil.
Encore quelques pas et ils
rattrapèrent une colonne de guérilléros qui avançaient silencieusement. Trois,
quatre, cinq...Huit!
Les trois compagnons avaient
l'avantage de la surprise. Une véritable embuscade digne de ce nom et Mouse
arma son lance-grenade.
Le M203 cracha sa grenade qui
fusa accompagnée bientôt par une grenade jetée à la main, le tout détonant au
beau milieu des huit ennemis les projetant tout azimut, bras, mains, doigts,
jambes, les corps disloqués dansèrent, tanguèrent. A peine purent-ils hurler
devant cette mort, cette faucheuse qui coûta la vie de six d'entre eux, les
deux derniers, blessés, titubant en grimaçant sans rien comprendre reçurent
droit à une balle chacun tirée pour l'un par Saorrono l'autre par Covert.
Et puis soudain, alors qu'ils
reprenaient leur route en souriant, la forêt sembla plus ouverte, plus espacée.

Orée des bois:
La mauvaise surprise venait avant
tout des cinq guérilleros qui en fait les attendait. Quand la détonation avait
retentit, ils s'étaient mis en alerte et en position et si ce n'était
l'expérience des trois combattants, peut-être seraient-ils morts. Ça et le fait
de savoir si des camarades à eux étaient vivants ou pas, ne pas tirer au
juger...
Deux hommes étaient en avant,
sûrement des guetteurs et sans pitié Mouse les aligna et les abattit sans
sommation. Le second, voyant son camarade basculer brusquement en arrière
tentât bien de se mettre à l'abri mais à part plonger...Indécision fatale qui
le fit rejoindre son camarade.
Covert joua alors au cowboy. Instant de pure sauvagerie
gratuite et inutile, surtout très périlleuse, et fonçant dans le tas, lâcha
trois courtes rafales sur les trois aurtes, complètement destabilisés par tant
de vaillance, de bravoure ou de stupidité. Mais le commando avait bien calculé
son coup. Chaque tir, chaque mouvement avait été soigneusement calculé et la
preuve fut les trois cadavres sanguinolents.
Mouse allait l'engueuler mais un bruit de moteur l'en
empêcha.
-Merde juste à temps, vite! Aboya t-elle en courant vers
la petite route sise non loin de là.

Le Convoi:
-Comment on va faire pour les
intercepter ils ont l'air de rouler très vite! S'exclama Mouse qui venait de
prendre en compte toute la difficulté de la situation.
-Ah...j'ai omis de te dire un
truc! Mais Saorrono se détourna prenant son GMS pour lancer quelques mots
brefs. Il se tourna ensuite vers elle puis vers Covert. Aux abris, vite! Fermez
les yeux et bouchez vous les oreilles!
Et de se planquer sur les bords
tandis qu'un sifflement aigu retentissait et qu'une déflagration sourde
retentissait. Le souffle chaud frôla leur crâne, manquant les carboniser. Des
cliquetis retentirent alors de toute part et Mouse ouvrit les yeux sur le
carnage. Le camion de tête venait tout simplement d'exploser et il ne restait
plus rien.
-Mortier powaa! Sourit Saorrono
devant l'air interrogateur de la sergent.
Mais l'autre conducteur de camion,
qui avait brutalement freiné, se remit de son choc, enclenchant la seconde pour avancer, sachant que rester là serait
probablement aussi dangereux. Et en sueur, il roula sur les débris encore
fumants.
-Il va nous échapper, rugit Mouse
en ouvrant le feu, ses balles percutant ricochant sur l'habitacle sans paraître
trouver de faille, et n'ayant pas le temps de viser la vitre passager.
Heureusement, plus chanceux, à sa droite, Saorrono, à moitié sur la route, ouvrit
le feu et cette fois, la vitre avant explosa. Le camion fit une embardée et de l'arrière sauta un guérilléro qui
s'écrasa au sol, voulut se relever mais Covert l'y cloua.
En attendant le camion percuta
une série d'arbre et s'immobilisa, tout fumant. Une grenade suffit alors pour
le pulvériser.

Puis, Mouse, les mains sur les
hanches toisa les deux hommes:
-On m'explique? La folie
passagère de Covert...pas très professionnel ça...et le Mortier?
-On n'a pas vraiment eu le temps
de te prévenir, pour le mortier, je veux dire, marmonna Covert. En fait, le
plan a tellement été dans la précipitation qu'on a eu tout juste les consignes
strictement nécessaires. Notamment l'appui d'un mortier. Suffisait juste de
donner sa position et hop...
-Et ta folie?
Il sourit en coin, haussa les
épaules.
-Je savais ce que je faisais. Je
me doutais qu'il n'y avait plus personne et j'avais tout calculé.
-La mort peut surgir de n'importe
où, Covert...Plus jamais ça, avec moi en tout cas.
Il salua, claquant des talons:
-A vos ordres m'dame!
Suite à quoi alors que le groupe
rejoignait leur base, le général Van Dick accompagné de Mortimer les accueillit
avec sa bonhommie traditionnelle pour les féliciter, les remercier. Un hélicoptère
venait de décoller avec les derniers membres du commando.
-Prenez du repos, demain, Chris
vous ramène chez vous! Lâcha enfin le général après avoir entendu le récit de
Mouse qui omit les actes de bravoures inconsidérés de Covert.