Chapitre cinq: LA HUTTE DES AÎNES
Ce n'est pas sans une énorme suprise que Blake, renfrognait depuis ka veille, trouva la petite enveloppe sous sa porte. Curieux, le coeur battant la chamade, oui même pour un dur comme lui, il s'en empara et la déchira plus qu'il ne la décacheta. Il était rappelé!!!
Mais...Pour...quoi? Qu'est-ce qui s'était passé dans la tête du général et de ses sbires pour le nommer lui, alors que le sergent Mouse aurait du être de la partie.
Cette opportunité, il allait s'en saisir et de fait, il ne prit même pas la peine de se doucher, juste un cigare, s'habilla promptement, (et oui dans cet ordre, que voulez-vous...on a ses défauts), et sortit claquant presque la porte de sa chambre-cellule pour se rendre au rendez-vous.
Il y retrouva donc l'indétrônable aide, qu'il serait temps de présenter malgré tout, car mine de rien c'était lui qui réunissait, regroupait toutes les informations qu'on lui transmettait et sous l'aval du général déployait les forces où il le fallait, et ainsi donc ce bougre d'aide de camp un peu coincé sur les bords se nommait Mortimer. Mortimer était un peu l'homme à tout faire, l'aide de camp indispensable, secret, confident, mais n'allait pas jusqu'à curer les chiottes ni apporter le café, non, lui il était plutôt dans le genre présent et silencieux mais parfois avait une certaine tendance à donner ses opinions, ce qui ne déplaisait nullement à Van Dick qui préférait cela à des faux-cul hypocrite comme on le connaissait assez souvent au sein de divers organismes.
Mortimer était donc l'âme damné. Indispensable qui accueillit Blake avec un sourire pincé, désignant une chaise et une carafe contenant un liquide ambré. Assis un peu en retrait se tenait Rowe. Blake arqua un sourcil, perplexe. Ainsi donc, on lui remettait ce soldat. Bah, après tout c'était un bon combattant.
-Assez-vous, assez-vous, sergent Blake, on ne présentera pas le caporal Rowe, n'est-ce pas, vous vous connaissez. Quid de la prochaine mission? Nos coups d'éclats portent enfin leur fruit et un premier chef des guérilleros vient de faire son apparition. Lutes Von Kall, un mercenaire qui a gravi sans sourciller les échelons pour diriger d'une main de fer une bande de sadiques vicieux drogués jusqu'à la moelle! Mais Von Kall est redoutable, un lion, et il a été repéré par un de nos agents...un drone l'a suivit jusque dans les bois et de là...on a plus ou moins perdu sa trace. (Il tapotait du doigt la photo du dénommé Von Kall, grand homme bien costaud, tenant un fusil à pompe sur son épaule et se lissant une énorme moustache dans un uniforme allemand. Sûrement une très vieille photo).
'Mais nos agents ne sont pas payés pour ne rien faire et des indications lors des saisies précédentes nous ont permis de le loger...ici (et de désigner une cabane assez haute, ressemblant à celle où habitait des indigènes dans les forêts profondes mais également bien adaptée aux besoins des trafiquants divers et variés.)
Il se pencha alors sur son bureau et tira une carte qu'il fit glisser jusqu'à Blake:
-Le plan.
Blake s'en empara mais son regard était fixé sur le verre vide et la choppe.
-Buvez-donc, du whisky pur et dur...mais pas trop, vous avez une mission. Sourit Mortimer en sortant également un petit coffret métallique qu'il ouvrit sur plusieurs cigares cubains. Si bien que Blake faillit laisser tomber le sien de stupeur.
-Pour vous. Pour vos actions d'éclats, avec un mot d'ordre du patron: infligez leur une raclée et foncez dans le tas.
Blake prenant précautionneusement le coffret le referma, mais, suspicieux, il répliqua;
-Ça me va, mais...pour quoi ces présents?
-On récompense comme on peut les combattants qui font du bon boulot. Rowe ici présent à eu le sien...ça motive un peu plus, surtout ajouté aux primes, déclara nonchalamment Mortimer en haussant les épaules; nous tenons donc à nos combattants!
Blake resta un peu sceptique mais accepta le gage. Puis, avisant la porte il questionna du regard l'aide qui opina.
Une fois n'est pas coutume, Blake s'empara du M203, puis d'une poignet de grenades et d'un kit de premiers secours, reprit les genouillères et, fin prêt, alla se servir une gorgée de whisky bien frais, avant de suivre l'aide et Rowe jusqu'à l'éternelle porte.
-Bonne Chasse, messieurs...Et pour info, Von Kall est préféré mort à vif!
Quand il eut refermé, l'ombre du général Van Dick fit son apparition et sans se retourner Mortimer lança:
-Êtes-vous sûr que se soit une bonne idée d'envoyer Blake?
-Blake était ronchon. Il fallait lui laisser cette mission afin qu'il n'explose pas et ne foute en l'air l'ambiance. J'ai besoin d'hommes motivés pour ce faire...De plus, Blake, de par sa non subtilité va faire de gros dégâts...
-Et pourquoi ne pas avoir voulu arrêter Von Kall?
-Von Kall s'est déjà trahi en appelant son boss, on sait où se trouve sa demeure, on y enverra Mouse...il ne nous servira donc à rien, d'autant qu'"on trouvera sûrement sur lui son GSM.
Traversée de la rivière:
Blake et Rowe savaient que désormais pour entamer leur mission à proprement parler, ils devaient au moins marcher pendant trois à quatre heures, parfois cinq pour localiser leur première étape, et celle-ci commença par être une rivière assez large et au débit faible. Néanmoins, selon la carte, il semblait nécessaire d'aller en aval sur plusieurs centaines de mètres, les rebords de la berge étant couverts par de hautes murailles verdoyantes, des buissons très denses, très touffus, comme de nombreux chênes et ormes qui folâtraient gaiement en plongeant leurs épaisses racines dans les flots.
Parfois, une anguille flirtait avec eux avant de disparaître. Heureusement, la région ne comptait ni alligator ni crocodile, quant aux petits poissons carnivores grande spécialité des films hollywoodiens et dénommés piranhas s'ils étaient assez dangereux, ils n'en étaient points mortels, et en fait, plus dérangeants qu'autres choses, les petites morsures pouvant entraîner une multitude de coupures et donc d'infection de par ces eaux peu saines mais entrainer la mort pas vraiment...Ce cliché, cette image d'Epinal était un peu le pendant des sables mouvants qui étaient rarement mortels.
Mais de cela, les films préféraient voir plutôt toute l'étendue de l'horreur, du stress, de l'audimat en perspectif...
En attendant, ils pataugeaient là, et Blake, pas peu fier, était devant. Sa spécialité de grand tireur devant l'Eternel allait être une fois de plus mise en avant. Il avait hâte et comme à l'accoutumé, il mâchouillait son cigare tandis que son regard expert balayait les alentours jusqu'à s'immobiliser; Rowe manquât lui rentrer dedans et Blake lui désigna quelque chose.
Plissant les yeux, Rowe finit par distinguer un véhicule stationnait là. Un de ces pick-up armé passe partout que les terroristes affectionnaient tant, hyper résistants, et quasi immortels...
-Allez jeune homme montre moi que tu peux nous en débarasser...
-On peut pas la détruire en silence?
-Avec cette végétation, personne n'entendrait à vingt mètres à la ronde...Allez zou, je vais contourner le véhicule voir où en sont les types...
Rowe haussa les épaules se glissa le long de la rive, puis monta, s'aidant des racines pour émerger légèrement d'un fourré d'où il visa le moteur du véhicule. Il ouvrit aussitôt le feu, pulvérisant le capot et détruisant une grande partie du bloc moteur, ainsi que la vitre avant et les deux pneus.
Au même moment, un homme, au loin, se retourna. Lui qui urinait contre un arbre s'y retrouva plaqué par la rafale de Blake qui souriait jusqu'aux oreilles. Suite à quoi, Rowe sabota la mitrailleuse tandis que Blake fouillait le véhicule et le cadavre encore chaud sans rien trouver.
Zone Meurtrière:
Il fallait croire que Blake avait de la chance. Lui le commando émérite voulant massacrer du guérilleros en veux-tu en voila ne tarda pas à être servit lorsqu'une poignée émergea en rafalant à tout va, frelons grésillant se perdant néanmoins dans les bois et fauchant branches et branchages.
S'agenouillant, Blake prit une grenade, la dégoupilla et la projeta sur trois bandits qui furent projetés dans les airs avant de s'encastrer dans divers buissons. Rowe accompagna la grenade d'un bref coup qui arracha une oreille à un gus. Aussitôt l'homme alla se planquer tandis qu'un compète, hésitant en voyant ses camarades s'écraser, reçut la seconde rafale dans le poitrail, le faisant tituber en arrière, avant qu'il ne bascule au sol, ses deux pieds bottés visibles.
Seulement, parmi les nouveaux-venus, deux types portant le béret ouvrirent le feu, calmement, posément et une balle toucha à l'épaule Blake qui meugla sourdement, plus de rage d'avoir été touché que de douleur. Aussitôt, il riposta et envoya ad padres les deux gaillards.
Le Courant:
-Ça va? Demanda Rowe.
Blake opina, tapotant distraitement son kit avant de hausser les épaules. Non il n'avait pas besoin de se soigner, juste de vérifier...oui, la blessure n'était pas profonde, une grosse vilaine entaille qui ne saignait déjà plus.
-Allez, en route, en route, en route! Lâcha t-il en se relevant, vérifiant son arme.
Perplexe, Rowe lui emboîta le pas. Blake les ramena jusqu'à la rivière où ils se remirent à patauger. Pour cause, Blake avait repéré que l'ennemi qui leur avait foncé dessus avait suivi la rivière, et donc qu'il devait y avoir des brigands non loin de là.
En entendant des hommes s'interpeler, il comprit qu'il avait eu raison. Un homme aboyait des ordres dans un langage guttural en agitant son pistolet. Il portait également une sorte de képi et des lunettes de soleil. Un officier assurément. Trois soldats, inquiets, écoutaient, tenant fébrilement leur Kalach comme si leur vie en dépendait, ce qui n'était pas faux en soit.
Ayant rechargé son fusil, Blake projeta sa grenade sur les trois types dont l'uniforme était trop grand pour eux. La déflagration les pulvérisa mais permit au capitaine d'éviter le tir de Rowe. Déstabilisé par la détonation et l'onde de choc, le canon dévia et l'officier, qui titubait aussi en arrière, atterré, aurait pu voir, si ralenti il y avait, trois balles lui passer juste devant le nez avant de se perdre dans la nature.
Mais l'homme trébucha également et s'écrasa fesses contre terre en jurant. Blake tourna son fusil vers lui et tira, l'allongeant définitivement.
La Hutte des Aînés:
C'était la fin.
Von Kall cracha par terre, s'empara de son pistolet et se releva. Il jeta un dernier regard sur la cabane des plus vétustes, mais véritable petit abri qui lui avait servi des années durant, jusqu'à...maintenant. Il ne doutait pas de son erreur, savait que la mort allait le prendre.
Il avait peu de chance de s'en sortir vivant étant donné le bruit des grenades entendus, des rafales crépitantes de plus en plus proches. La mort était à ses portes et il allait l'accueillir.
Qui donc l'avait trahi.?
Vingt ans de métiers pour ça...
Von Kall se rappelât des souvenirs fugaces d'une autre époque quand il bossait pour l'armée allemande avant de disparaître, considéré dès lors comme déserteur, tout cet argent gagné, amplement mérité depuis qu'il avait trouvé cette office de mercenaire, entraîneur de guérilleros, toutes ces putes de luxe, ses soirées aux bars, une belle vie en somme qui allait sûrement finir en ce jour.
Ce jour. Son anniversaire aussi...Quel hasard!
A moins...A moins qu'il n'abatte le type...ou les types. Combien seraient-ils? Un, deux, trois? plus?
Non, il devait s'agir d'un petit commando...deux trois hommes tout au plus...
Quel honneur d'être une cible...
Et s'il remportait...alors là...il obtiendrait moult gages, encore plus de thunes...plus de putes...que du bonheur!
Restons sur terre...
Ses quatre gardes étaient en alerte, transpirant à grosses gouttes, les épaules voûtées, le regard allant d'une zone à une autre, mort de peur et il y avait de quoi. L'élément de surprise jouerait assurément et ne tarda pas lorsqu'une grenade vola pour exploser massacrant trois des gardes.
Von Kall venait justement de sortir de la hutte lorsqu'une balle claqua. Il sentit à peine la morsure violente au niveau du front avant de basculer lourdement, s'écrasant au sol...puis le néant. Il ne put donc voir Rowe entrer à son tour en action logeant une balle dans la poitrine du derneir soldat qui n'avait même aps vu son boss périr.
-Yahou! Beugla Blake. Victoire!
Rowe s'essuya le front, jetant
des regards curieux aux alentours mais il semblait bien qu'il n'y avait plus
d'adversaires. Ils récupérèrent le GSM, un ordinateur portable et un
portefeuille, récupérèrent aussi les papiers des autres bandits, certains
maculés de sang, puis reprirent le chemin du retour, Blake sifflotant l'hymne
nationale et fusil sur l'épaule.
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